Assurance vie temporaire ou permanente : le point de bascule selon l’âge
La temporaire coûte quatre à six fois moins cher pour le même montant. Alors pourquoi la permanente existe-t-elle? Parce que la bonne question n’est pas « laquelle est la moins chère », c’est « combien de temps durera le besoin ». Voici les prix réels, et la règle.

Il y a deux façons d’assurer une vie. La temporaire couvre un nombre d’années fixé d’avance, 10, 20, 25 ou 30 ans, pour une prime qui ne bouge pas pendant le terme ; à l’échéance, la protection s’arrête ou se renouvelle à un prix beaucoup plus élevé. La permanente couvre jusqu’au décès, quel qu’en soit l’âge, pour une prime fixe à vie, et accumule une valeur de rachat. Tout le reste découle de cette différence.
Les prix réels, côte à côte
Prime mensuelle la plus basse de notre relevé du 30 octobre 2026 pour 100 000 $ de couverture, personne non-fumeuse en bonne santé.
| Âge | Temporaire 20 ans, femme | Permanente, femme | Temporaire 20 ans, homme | Permanente, homme | Rapport |
|---|---|---|---|---|---|
| 25 ans | 9,36 $ | 40,74 $ | 10,44 $ | 48,30 $ | × 5 |
| 35 ans | 10,08 $ | 59,92 $ | 11,34 $ | 70,69 $ | × 6 |
| 45 ans | 15,93 $ | 95,15 $ | 20,52 $ | 112,77 $ | × 5 |
| 55 ans | 39,56 $ | 145,62 $ | 55,71 $ | 171,72 $ | × 3 |
| 65 ans | 119,79 $ | 264,06 $ | 173,70 $ | 296,10 $ | × 2 |
Relevé WinQuote, classe régulière, non-fumeur, 100 000 $. Le rapport est celui de l’homme. Tableaux complets par montant sur les pages temporaire et permanente.
Le rapport de prix rétrécit avec l’âge : la temporaire est très bon marché à 25 ans parce que le risque est faible, et la permanente très chère parce qu’elle doit financer des décennies de protection. À 65 ans, les deux prix se rapprochent, et la temporaire perd son principal argument.
Ce que coûte vraiment chaque option sur la durée
Prenons un homme de 35 ans et 100 000 $ de couverture. Sa temporaire 20 ans coûte 11,34 $ par mois, soit 2 721,60 $ sur vingt ans ; à 55 ans, la protection s’arrête ou se renouvelle à la prime d’un homme de 55 ans, environ 55,71 $ par mois pour un nouveau terme. Sa permanente coûte 70,69 $ par mois, soit 16 965,60 $ sur les mêmes vingt ans, mais la protection continue ensuite au même prix, à 70, 80 ou 90 ans, et le contrat a accumulé une valeur de rachat.
Dit autrement : la temporaire est une location, la permanente un achat. Louer coûte moins cher tant qu’on n’a besoin de l’endroit que quelques années ; acheter coûte plus cher chaque mois mais on finit par posséder quelque chose. Aucune des deux n’est « meilleure » : elles répondent à deux besoins différents.
La règle simple
Si le besoin a une date de fin, c’est une temporaire. S’il n’en a pas, c’est une permanente.
Une hypothèque finit. Les enfants deviennent autonomes. Un prêt commercial se rembourse. Ce sont des besoins temporaires, et les assurer en permanente revient à payer toute sa vie pour une protection dont on n’a besoin que vingt ans. À l’inverse, les frais funéraires, l’impôt de la succession sur les REER et les gains en capital, le soutien d’un enfant handicapé ou l’envie de laisser un montant net ne finissent jamais ; les assurer en temporaire revient à payer vingt ans puis à tout perdre au moment où le besoin arrive.
Le point de bascule selon l’âge
Avant 40 ans : temporaire, presque toujours
Le besoin est énorme, remplacer un revenu pendant vingt ans et finir une hypothèque, et le budget limité. La temporaire 20 ou 25 ans protège 500 000 $ ou 1 000 000 $ pour quelques dizaines de dollars par mois. La permanente, à cet âge, est un choix patrimonial : on la prend petite, pour verrouiller une prime basse à vie, si le budget le permet après la temporaire, pas à sa place.
De 40 à 55 ans : les deux, souvent
C’est l’âge de la combinaison : une temporaire pour la période où les enfants et l’hypothèque pèsent encore, et une permanente plus modeste, 50 000 $ à 100 000 $, pour ce qui restera à payer après. C’est aussi la dernière fenêtre où la permanente coûte un prix raisonnable ; le tableau montre qu’entre 45 et 55 ans, elle augmente de moitié.
Après 55 ans : permanente, sauf besoin daté
Les enfants sont établis, l’hypothèque se termine ; ce qui reste à couvrir, funérailles et impôt, ne finit pas. Une temporaire ne sert plus qu’à un besoin précis et daté, par exemple un prêt qui finit à 65 ans. Pour le reste, la permanente à prime fixe est le bon outil, et notre guide des prix après 50 ans détaille les trois façons d’y accéder, avec ou sans examen.
Trois pièges à éviter
- Choisir la permanente « parce qu’on finit par avoir quelque chose ». La valeur de rachat est réelle mais modeste ; si l’objectif est d’épargner, le CELI et le REER font mieux. On prend une permanente pour la protection à vie, la réserve est un bonus.
- Choisir la temporaire la plus courte parce qu’elle est la moins chère. Une temporaire 10 ans à 40 ans coûte moins par mois qu’une 20 ans, mais se renouvelle à 50 ans trois fois plus cher ; sur vingt ans, elle revient plus cher. Alignez le terme sur la durée du besoin.
- Négliger la clause de conversion. Elle permet de passer en permanente sans preuve de santé jusqu’à 65 ou 70 ans. Pour quelqu’un dont la santé change, elle vaut plus que quelques dollars de différence de prime entre deux assureurs.
En résumé
Temporaire pour ce qui finit, permanente pour ce qui ne finit pas, et souvent un peu des deux entre 40 et 55 ans. Les prix réels par âge et par montant sont dans notre baromètre ; le conseiller qui vous rappelle, certifié par l’AMF, chiffre les deux options pour votre situation et vous dit où est votre point de bascule.
